Bourses et aides pour partir en échange : Erasmus+, AMI, régions
Erasmus+, aide à la mobilité internationale, bourses des régions : ce que tu peux toucher pour ton échange, les conditions et à qui t'adresser.
Mis à jour le
Partir en échange coûte plus cher qu’une année en France, mais plusieurs aides publiques se cumulent souvent. Ce guide te donne les repères essentiels pour savoir à quoi tu peux prétendre. Il ne remplace pas le service des relations internationales (ou « service international ») de ton école ou de ton université : c’est lui qui monte ton dossier, attribue les bourses et t’annonce les montants réels.
La bourse Erasmus+
Le principe
Si ton échange se fait dans le cadre d’un accord Erasmus+ entre ton établissement et une université européenne, tu reçois en général une bourse Erasmus+, versée par ton établissement. Il n’existe pas de formulaire central à remplir : tout passe par ton établissement d’origine [1].
Autre avantage, souvent plus important que la bourse elle-même : tu ne paies ni frais de scolarité, ni frais d’inscription, ni frais d’examen à l’université d’accueil. Tu restes inscrit et tu paies tes droits en France [1].
Les groupes de pays et les fourchettes mensuelles
La Commission européenne classe les pays en trois groupes selon le coût de la vie, et fixe pour chaque cas une fourchette de montants mensuels. Les agences nationales, puis chaque établissement, choisissent ensuite un montant à l’intérieur de ces fourchettes [2].
Pour un étudiant qui part de France en mobilité d’études, l’agence Erasmus+ France donne ces repères [3] :
| Destination | Exemples de pays | Montant mensuel moyen |
|---|---|---|
| Groupe 1 | Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Suède | 292 à 606 € [3] |
| Groupe 2 | Espagne, Portugal, Grèce, Tchéquie, Malte | 225 à 550 € [3] |
| Groupe 3 | Pologne, Roumanie, Hongrie, Croatie, Türkiye | dans la fourchette basse, comme le groupe 2 [2] [4] |
Le montant exact que tu toucheras est fixé par ton établissement d’envoi, pas par l’agence [3]. Deux étudiants qui partent dans le même pays depuis deux écoles différentes peuvent donc recevoir des sommes différentes. La seule façon d’avoir le bon chiffre, c’est de le demander à ton service international.
Les compléments
- Complément inclusion : si tu fais partie des étudiants « ayant moins d’opportunités », un complément de 250 € par mois s’ajoute à ta bourse [5]. Les critères sont précisés au niveau national ; en France, ils incluent notamment certains échelons de bourse sur critères sociaux. Demande à ton service international si ta situation y donne droit [5].
- Stage : pour une mobilité de stage plutôt que d’études, un complément de 150 € par mois est prévu [5].
- Voyage durable : le programme prévoit des montants d’aide au voyage plus élevés quand tu choisis un mode de transport moins polluant (train, bus, covoiturage) [6]. Les conditions d’accès à cette aide au voyage varient : vérifie avec ton établissement si tu peux en bénéficier et quel justificatif garder.
À qui demander
Le service international de ton école est ton seul interlocuteur pour Erasmus+. Pose-lui ces questions dès la sélection : quel montant mensuel pour ta destination, combien de versements et à quelles dates, quels documents rendre à l’arrivée et au retour, et ce qui se passe si tu écourtes ton séjour.
L’aide à la mobilité internationale (AMI)
Pour qui
L’AMI est une aide du ministère de l’Enseignement supérieur réservée aux étudiants boursiers sur critères sociaux ou bénéficiaires d’une allocation annuelle au titre des aides spécifiques [7]. Elle concerne aussi bien les séjours d’études que les stages à l’étranger, dans le cadre de ton cursus.
Montant et durée
- Montant : 400 € par mois pour l’année universitaire 2026-2027 [7].
- Durée du séjour : entre 1 et 10 mois consécutifs [7].
- Plafond sur tes études : tu peux en bénéficier plusieurs fois, mais pas au-delà de 10 mois cumulés sur l’ensemble de tes études supérieures [7] [8].
L’aide n’est pas automatique : ton établissement dispose d’une enveloppe et sélectionne les bénéficiaires. Il t’annonce le montant attribué avant ton départ.
Comment la demander
Le dossier se retire, se remplit et se dépose auprès du service des relations internationales de ton établissement, avec ton projet de séjour d’études ou de stage [7].
Cumul
L’AMI se cumule avec la bourse Erasmus+ [8]. Selon ton pays de destination, tu peux aussi conserver ta bourse sur critères sociaux pendant ton séjour [8]. Pour un boursier qui part en Europe, l’addition de ces trois aides change nettement le budget : fais le calcul avec ton service international avant de signer ton contrat d’études.
Les aides des régions
Beaucoup de conseils régionaux financent aussi la mobilité de leurs étudiants, avec des règles propres à chaque collectivité. Certaines se cumulent avec les aides de l’État, d’autres non [9]. En général, c’est la région où se trouve ton établissement qui compte, pas celle où habitent tes parents, et la demande passe encore par ton service international.
Deux exemples, pour te donner une idée des ordres de grandeur :
- Île-de-France : la bourse Mobilité Île-de-France va de 250 à 450 € par mois, sur 10 mois au plus, sous condition de ressources ; ton établissement fixe le montant dans la limite du plafond régional [10].
- Auvergne-Rhône-Alpes : la région peut verser 95 € par semaine pleine pour une mobilité de 4 à 26 semaines, aux étudiants inscrits dans un établissement de la région qui dispose d’un quota de bourses [11].
Ces barèmes changent régulièrement. Avant de compter dessus, vérifie sur le site de ta région et auprès de ton école la version en vigueur pour ton année de départ. Ces bourses ne sont pas un droit : elles sont attribuées dans la limite des crédits que la région alloue aux établissements [11].
Les autres pistes officielles
- Ton propre établissement : certaines écoles et universités ont leurs propres bourses ou fondations. Le service international les connaît.
- L’université d’accueil et le pays d’accueil : certains gouvernements et organismes étrangers financent les étudiants français. Pour l’Allemagne, par exemple, le DAAD France détaille ses bourses (cours d’allemand, master, recherche) et aide à la candidature [12]. Pour les États-Unis, le programme Fulbright est géré en France par la Commission franco-américaine [9].
- Campus France : son site recense des programmes de bourses ouverts aux étudiants français ou résidant en France [13].
- Le ministère des Affaires étrangères : il ne finance pas la mobilité des étudiants français, sauf pour le Collège d’Europe, et renvoie vers le service des relations internationales de ton établissement [14].
Un dernier conseil : partir dans le cadre d’un programme d’échange te fait le plus souvent économiser beaucoup, puisque tu ne paies que tes frais d’inscription en France [9]. Avant d’envisager une inscription directe dans une université étrangère, compare.
Et maintenant ?
Les bourses arrivent souvent après ton départ, parfois en plusieurs versements : prévois de quoi avancer le loyer, la caution et le billet. Pour voir si ton budget tient, additionne les aides auxquelles tu as droit dans le simulateur de budget, puis suis les étapes du dossier dans la checklist de départ.
Par destination
Informations indicatives : vérifie toujours auprès de ton école et des sites officiels.
Sources
- Commission européenne, Erasmus+ : étudier à l'étranger, consulté le 20 octobre 2026. Les étudiants Erasmus+ sont exonérés des frais de scolarité, d'inscription et d'examen dans l'établissement d'accueil ; il n'y a pas de formulaire central, la candidature passe par l'établissement d'origine.
- Commission européenne, guide du programme Erasmus+, projets de mobilité de l'enseignement supérieur, consulté le 20 octobre 2026. Le guide du programme fixe des fourchettes mensuelles pour l'aide individuelle des étudiants : 292 à 606 euros vers un pays au coût de la vie similaire, 348 à 674 euros vers un pays plus cher et 225 à 550 euros vers un pays moins cher ; les agences nationales fixent les montants dans ces fourchettes.
- Agence Erasmus+ France, Bourse Erasmus+ enseignement supérieur, consulté le 20 octobre 2026. Pour une mobilité d'études, le montant moyen de la bourse Erasmus+ est compris entre 292 et 606 euros par mois vers le groupe 1 (dont Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Suède) et entre 225 et 550 euros par mois vers le groupe 2 (Chypre, Espagne, Estonie, Grèce, Lettonie, Malte, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie) ; les montants exacts sont définis par l'établissement d'envoi.
- Commission européenne, guide du programme Erasmus+, projets de mobilité de l'enseignement supérieur, consulté le 20 octobre 2026. Le groupe 3 (pays au coût de la vie le plus bas) comprend la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, la Lituanie, la Macédoine du Nord, la Pologne, la Roumanie, la Serbie et la Türkiye.
- Commission européenne, guide du programme Erasmus+, projets de mobilité de l'enseignement supérieur, consulté le 20 octobre 2026. Les étudiants ayant moins d'opportunités reçoivent un complément de 250 euros par mois à leur bourse Erasmus+ (en France, les critères incluent notamment certains échelons de bourse sur critères sociaux) ; les stagiaires reçoivent un complément de 150 euros par mois.
- Commission européenne, guide du programme Erasmus+, projets de mobilité de l'enseignement supérieur, consulté le 20 octobre 2026. Le guide du programme prévoit, pour l'aide au voyage, des montants plus élevés en cas de voyage durable (« green travel ») que pour un voyage classique, par tranche de distance.
- Service-Public.fr, Aide à la mobilité internationale d'un étudiant, consulté le 20 octobre 2026. Pour l'année universitaire 2026-2027, l'aide à la mobilité internationale est de 400 euros par mois, pour un séjour de 1 à 10 mois consécutifs ; elle ne peut pas dépasser 10 mois cumulés sur l'ensemble des études ; il faut être boursier sur critères sociaux ou bénéficiaire d'une allocation annuelle (aides spécifiques) ; le dossier se dépose au service des relations internationales de l'établissement.
- etudiant.gouv.fr, Bourses Erasmus+ et aide à la mobilité internationale (AMI), consulté le 20 octobre 2026. L'aide à la mobilité internationale (400 euros par mois) peut être cumulée avec la bourse Erasmus+ ; selon le pays, l'étudiant conserve aussi sa bourse sur critères sociaux ; on ne peut cumuler plus de 10 mois d'aide sur l'ensemble des études.
- etudiant.gouv.fr, Les autres bourses et aides pour étudier à l'étranger, consulté le 20 octobre 2026. Plusieurs régions proposent leurs propres bourses de mobilité, avec des conditions propres à chaque collectivité ; certaines sont cumulables avec les aides de l'État, d'autres non ; partir via un programme d'échange permet le plus souvent de ne payer que ses frais d'inscription en France ; le programme Fulbright est géré en France par la Commission franco-américaine.
- Région Île-de-France, notice bourses Mobilité étudiants, consulté le 20 octobre 2026. La bourse Mobilité de la Région Île-de-France a un montant mensuel compris entre 250 et 450 euros, ne peut excéder 10 mois et est soumise à un critère social ; l'établissement fixe le montant dans la limite du plafond régional.
- Région Auvergne-Rhône-Alpes, Bourse Région Mobilité Internationale Étudiants, consulté le 20 octobre 2026. La Région Auvergne-Rhône-Alpes peut attribuer une bourse de 95 euros par semaine pleine pour une mobilité de 4 à 26 semaines aux étudiants inscrits dans un établissement de la région disposant d'un quota de bourses ; cette bourse n'est pas un droit et est attribuée dans la limite des crédits alloués par la Région aux établissements.
- DAAD France, Bourses du DAAD France et aide à la candidature, consulté le 20 octobre 2026. Le DAAD France présente ses bourses (cours d'allemand, master, recherche) et une aide à la candidature pour les étudiants qui veulent partir en Allemagne.
- Campus France, Les bourses pour les étudiants français ou résidant en France, consulté le 20 octobre 2026. Campus France consacre une page aux programmes de bourses destinés aux étudiants français ou résidant en France.
- France Diplomatie, Études supérieures, consulté le 20 octobre 2026. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ne finance pas la mobilité internationale des étudiants français, sauf dans le cadre du Collège d'Europe ; il renvoie vers le service des relations internationales de l'établissement.